Lundi 6 avril 2009
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LE CAGNARET (CANASTEL)
Le Cagnaret est situé sur le littoral bord de mer à l'Est d'Oran.
En longeant la côte il y a:
la Cueva del agua( à Gambetta les falaises)
Navalville
Les Genêts
La Tejera
Le Cagnaret
Par la route : la Ferme la Bola- le camp militaire-le terrain de vol à voile-Fernandville-Canastel.
Il y avait 2 possibilités d'accès:
Par Fernandville la pente était plus douce et le chemin un peu plus long.
Par Canastel sous le Casino, sentier très étroit et accès au bord de mer plus rapide.
En arrivant à Canastel oû se trouve le Casino,l'on
accède au Cagnaret en prenant un sentier qui descend vers la mer. Il fallait environ 10 minutes pour y parvenir. C'était un endroit pittoresqe et sauvage avec ses calanques.
Ce coin abritait une quizaine de cabanons:
Carulla-Bernal-Campello--Faucher-Podesta-Martinez/Virazelle-Vicent
Ortega-Romero-AbbatMartinez(el sordo)-Canovas- El bombero-Ahmed (le gardien)
Le bord de mer était très enrochés avec des fonds marins poissonneux.
Cette photo représente le Cagnaret, notre cabanon se situe, au fond à droite près de la mer. A
l'arrière se trouvent les cabanons de mon oncle Tomasico Bernal et celui de Gaspard Campello.
Le cabanon en haut à gauche cabanon de M. Vivas.
Il y avait une petite place oû l'on organisé des tournois de volley-ball.
Nous avons disputé des tournois entre plages(Tejera et Genêts).
C'était notre point de rencontre entre copains et copines.
Photo prise au cabanon de la famille Martinez, juste devant notre place.
Nos vacances estivales commençaient de Juillet au mois de Septembre.
Pour nous rendre à la plage à 11 h.le matin nous
partions toute la joyeuse petite bande. Nous devions traverser une dune de sable pour y accéder. Pour l'aller çà se passait bien. Cette petite plage de galets formait une crique avec
des rochers oû nous pouvions faire des plongeons. L'eau était translucide et laissait entrevoir de magnifiques fonds sous-marins .
Nous restions 2 bonnes heures pour la baignade et la bronzette.
Vers 13 h. nous prenions le chemin du retour, et pour retraverser cette dune de sable c'était une autre histoire, car à cette heure de la journée le sable était tellement chaud,c'est en courant que
ce parcours se faisait, nos plantes de pieds étaient à rude épreuve.
J'ai oublié de vous dire que nous étions souvent pieds nus.
L'après midi après le déjeuner,j'allais au cabanon de mon oncle Tomasico et tante Mathilde oû se trouvaient mes cousines Eliane,Annie et Marie Claude pour faire la sieste jusqu'à 15h30.
Vers 16 h nous repartions pour la plage pour aller nous baigner.
Le soir après le souper, nous nous retrouvions toute la joyeuse bande sur la place.
Nous discutions et nous mettions de la musique au début , nous avions un phonographe à manivelle avec des disques 78 tours et aiguilles à changer.
Ensuite nous sommes passés à l'ère du tourne disque Teppaz.
L'on organisé quelques animations festives avec la participation de tous les cabanoniers, dans une ambiance amicale et fraternelle. Le 14 Juillet nous décorions notre place avec des guirlandes et
des lampions.
Mon cousin Jean Pierre Martinez venait quelque fois au cabanon . Je cuisinais la frita( poivrons et tomates).Il se régalait,c'était ma mère qui m'avait appris cette recette.
En ce temps on s'éclairait avec des lampes acétylène(carbure+eau)
Ensuite nous avons eu les lampes à pétrole à manchon qui éclairaient plus.
Mon père avait construit le cabanon tout en maçonnerie( un travail de romain) Cet ouvrage se trouvait au bord de l'eau et notre terrasse surplombait les rochers avec un vue
imprenable.
Un autre loisir, était la pêche.
Mon père avait acheté un petit bateau(dit youyou '' Petit Georges"). Au début l'on naviguait à la rame.
Sur cette photo mon père à gauche et mon beau frère Roland Médina
Ensuite nous l'avons équipé d'un moteur Evinrude de 3 cv.
Le matin vers 4 h., mon père me réveillait pour aller en mer à la pêche. Nous voguions vers le large à 500 mètres du rivage.
Dès que nous arrivions sur le lieu, nous commencions à pêcher.
A 9 h. nous levions l'ancre pour rentrer avec une dizaine de kgs de poissons(pageots,soles,calamars,vives et autres).
Une fois arrivés sur le rivage, nous déchargions notre prise.
A 10 h. avec des copains nous prenions le bateau, pour notre passion la chasse sous-marine. Il y avait toujours un de nous qui restait sur l'embarcation pour suivre les autres en ramant, et
surtout pour notre sécurité.
Nous avons fait quelques belles peise( mérous, sars,loups de mer,rascasses)
Il fallait faire attention à la murène et surtout ne pas trop s'en rapprocher, sa tête avec ses dents acérées sortait du trou.
Nous pêchions la murène avec une ligne munie d'un fil d'acier et d'un gros hameçon.
Comme appât, nous enfilions une sardine à l'hameçon. dès que la ligne se trouvait dans l'eau, la murène très vorace avalait le tout. A ce moment là,il fallait être rapide et tirer
immédiatement pour ne pas laisser le temps à ce poisson de regagner son trou.
La raison, est que la murène dans le trou s'entortillait et se faisait un noeud.
Certaines murènes pesaient 10 kgs.
Nous les donnions à notre gardien Ahmed qui avait une technique, il prenait la murène par la queue et avec un bâton,il la battait et toutes les épines descendaient vers la tête.
Avec la peau séchée, l'on pouvait confectionner des ceintures.
Sa chair était un délice en court bouillon.
Pour le 15 Août, mon père était chargé de préparer au feu de bois le caldéro(plat à base de plusieurs variétés de poissons). A Marseille ce plat s'appelle la bouillabaisse.
Nous nous réunissions toute la famille(Bernal,Campello et Carulla) pour ce festin de roi.
En appéritif nous buvions l'anisette avec l'eau de la gargoulette.
Il y avait une autre recette de cuisine qui était les gaspachos valencianos. Plat en sauce avec poulet et galette de pain (tortas) au feu de bois.
Nous avions notre gardien Ahmed qui avait un bourricot, tous les matins nous faisions et lui donnions la liste des commissions. Il montait par le sentier jusqu'à Canastel et se rendait à l'épicerie
Gonzalez( qui était de la famille). Une fois les achats effectués, il redescendait vers 13 h avec son âne. Ahmed arrivant sur la place , les cabanoniers allaient récupérer leurs
commandes.
Mon oncle Tomasico était un grand pêcheur. Je le revois avec son short troué , sa corbeille au dos et ses cannes et lancers et sa pile torche partir le soir pour la pêche. Il en a fait des belles
prises aussi.
Un jour j'étais allé pratiquer la chasse sous-marine avec ma cousine Eliane en bateau.
Eliane ramait pendant que moi, j'explorais la faune sous-marine. Tout à coup je vois arriver vers moi et à portée de mon arbalète, un magnifique poisson dit (liche ou golfar).
Je vise cette belle pièce et je tire, le poisson est touché, mais la flèche se décroche.
Vite je réarme mon fusil harpon au deuxième cran, le poisson commençait à aller vers les profondeurs( environ 7 mètres)je plonge, je tire et cette fois la flèche le transperce
de part en part.
Je récupère rapidement la flèche avec ma prise et balance le tout sur la barque.
Ma cousine Eliane avait failli chavirer , car très surprise par ce gros poisson.Le fond du bateau était maculé de sang.
Cette liche pesait envirion 8 Kgs. J'étais fier et content.
Tous ces souvenirs merveilleux sont restés gravés dans ma mémoire.
Nous avons eu une jeunesse dorée et notre amitié était eternelle et indestructible.
J'ai passé d'agréables moments avec mon père, ma mère et toute la famille.
Je jouais également de l'harmonica et de la guitare.
Il nous tardait que les vacances d'été arrivent pour nous retrouver au Cagnaret.
C'était notre paradis et notre joie de vivre.
A part mes cousines,je n'ai plus eu de nouvelles de mes copains et copines.
Notre départ de l'Algérie nous a séparé aux quatre coins de l'exagone.
A bientôt pour une nouvelle histoire...
Jean Claude
Par elsol
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Publié dans : Mémoire d'ORAN
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