Jeudi 9 avril 2009
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Mon Quartier Gambetta
Ma rue Nobel, commençait du pont de Gambetta( Bar Corby) et finissait à la Place Fontanel.
De nombreux commerces existaient:
Corby (Bar) oû l'on mangeait les brochettes et la kémia)
Sempere(garage)
Rosique( le boulanger)
Bonillo( coiffeur)
Gay( lait)
Panza( cordonnier)
Ros(eau)
Perez(épicerie)
Quesada(couturière)
Antoinette(boucherie)
Filippi( épicerie)
Yvars(charbon et bois)
Herrera( bar le Fontanel) pris ensuite par Pistre
A cette époque ma mère me donnait la liste des commissions et j'y allais avec le petit panier.
Mes copains:
Lulu Herrera,Serjou Rodriguez,Jean Pierre et Christian Martinez(mes cousins),Henri
Pistre,Jean Pierre Figuerrua,Robert Sebban,Robert et Yvan Baud,Dédé Sola,Claude
Navarro( parti à Quito Equateur du Sud), Pépé Lukas,Gilou Champion, Marquès,Botella,Cavagnac.
Je m'excuse ,je dois en oublier quelques uns, car après plusieurs décennies j'ai parfois la mémoire qui flanche comme dit la chanson.
J'ai passé toute mon enfance et ma jeunesse avec tout ce petit monde.
Nos jeux étaient les suivants:
Au moment du tour de France que nous suivions avec grand intérêt, à l'époque de Louison Bobet, Fausto Coppi, Bartali,Robic,Kubler,Geminiani et j'en passe,nous tracions sur la chaussée un circuit
représentant cette épreuve. Ensuite avec des capsules de bouteilles ( du nom de platicos), nous les remplissions de platre, qui une fois séché, chaque joueur décorait aux couleurs de la
nationalité du coureur. Ce jeu consistait à pousser le platico avec un doigt sans qu'il sorte du circuit. Le circuit comportait plusieurs étapes.
Un autre jeu celui des pignolles(noyau d'abricot) .On plaçait un souffre (petit carreau en céramique) en équilibre à 5 centimètres du mur. Le joueur se positionnait à environ 3 mètres
et devait faire tomber le souffre.
On construisait également les carricos( planche de bois munie de quatre roulements à billes); C'est l'équivalent des skates board. Dans un bruit assourdissant nous dévalions la
rue et nous faisions des courses.
On fabriquait des trottinettes sur le même principe, avec les matériaux identiques.
En période de Pâques, c'était la confection des cerfs-volants(bilochas) avec des roseaux,papier et ficelle. Nous allions les faires voler à la falaise de Gambetta, car il y avait toujours un
peu de vent. Chacun possédait sa bilocha personnalisée.
Derrière la place Fontanel, se trouvait un terrain vague, là nous
faisions des matchs de foot entre quartier( dans l'équipe jouait Guy Sparza). Son père était joueur au CDJ.
Je crois que par la suite Guy a intégré une grande équipe.
Il y a eu aussi les frères Vargas connus dans le monde de la boxe comme les frères Herrera .
Juste à côté du bar Fontanel, Monsieur Herrera possédait une salle de boxe.
Avec Lulu Herrera et d'autres copains nous allions mettre les gants et nous entrainer.
Nous avons beaucoup joué à cache cache sur cette place Fontanel et fait courir le garde champêtre que l'on appelait "pata coja", car il boitait. Le pauvre il en a vu des vertes et des pas
mûres.
Au moment de Pâques nos mères préparaient les mounas, les disposaient sur des plaques et les portaient chez le boulanger Rosique pour la cuisson dans le four à bois.
Nous allions , la famille et les amis passer la journée de Pâques à la ferme la bola pour pique niquer.
Sur cet place Fontanel, des cirques venaient planter leurs chapiteaux et nous assistions au
spectacle avec nos yeux équarquillés et nos coeurs remplis de joie et de bonne humeur.
Les clowns, les trapézistes, les jongleurs et le dompteur de fauves illuminaient nos yeux avec leurs numéros à sensation.
Pour le 14 Juillet, les barraques foraines étaient installées. Le tir au pigeon à la carabine, le jeu de massacre,les manèges(chenille,autos tamponneuses ,les balançoires)
On dégustait la barbe à papa , les piroulis et les pommes rouges au caramel.
Pour la Saint Jean le 24 Juin on allumait un feu de bois( hogueras), on faisait une ronde endiablée et l'on sautait par dessus ce feu en évitant de nous brûler.
Les pétards crépitaient et l'on s'amusait énormément.
Le marchand de calentica( genre de socca mais plus épaisse, tel un flan patissier découpée en portion) passait avec sa charrette et l'on se précipitait pour en acheter.
Il y avait aussi le marchand de figues de barbarie (chumbos), il prenait le fruit avec un chiffon
car la peau était parsemée de petits piquants. Si l'on prenait le chumbo sans précaution, nos doigts étaient plantés de ces petites épines. Le marchand l'épluchait lui même et nous n'avions
plus qu'à le manger.Surtout ne pas en manger beaucoup, car on risquait d'avoir le bouchon(tapon) en vérité c'était la constipation assurée.
Il y avait aussi en été les sucettes glacées et les glaces avec les gauffres rectangulaires.
On trouvait aussi les fèves bouillies au cumin, servies dans un cornet de papier journal.
Les torrallicos( pois chiches grillés).
Dans notre quartier nous avions quelques clochards.
Ils allaient à l'épicerie avec un bidon en fer blanc pous acheter le l'alcool à brûler.
Ils mettaient moitié alcool et moitié eau pour boire ce breuvage.
Ils se rendaient derrière la place Fontanel au terrain vague, nous les poursuivions pour leur renverser le bidon afin qu'ils ne boivent pas ce mélange. On les appelait les borrachos(soulards).
L'on s'amusait également aux cow boys et aux indiens et Zorro. On fabriquait des arcs et des flèches et des lassos. Nous voulions faire comme les héros vus au cinéma Le Lido (monsieur
Fournil) de la place de Gambetta.
Nous allions aussi à la cueva del agua( en bas des falaises de Gambetta).
Il y avait l'épave d'un bateau échoué sur les rochers souvenir de la guerre 39/45.
On pouvait accéder aux cales du navire. On se baignait et pêchait également.
A cette époque l'on s'amusait avec un rien, les jeux vidéo n'éxistaient pas et les gens ne possédaient pas la télévision.
Je fabriquais des postes à galène l'écoute se faisait à l'aide d'un casque avec écouteur.
Ces appareils devaient être reliés à une antenne extérieure pour pouvoir capter la station( petites ondes ou grandes ondes). La plupart du temps l'émetteur c'était Radio Alger).
J'ai oublié de vous dire que les champions sportifs que nous suivions étaient:
Marcel Cerdan en boxe
Louison Bobet,Jean Robic,Fausto Coppi,Gino Bartali,Fernand Kubler, Raphaël Geminiani
en cyclisme.
Chaque année se déroulait sur le Front de Mer le critérium cycliste de l'Echo d'Oran.
Tous ces champions sont venus y participer.
J'arrête pour aujourd'hui
Je vous dis à bientôt pour la suite de mes mémoires.
Jean Claude
Par elsol
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Publié dans : Mémoire d'ORAN
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